Des équipements subventionnés pour mieux se protéger des crues

Les épisodes d’inondation, bien que rares, sont des moments particulièrement difficiles pour les riverains de nos cours d’eau. Le Siarce s’engage pleinement à rendre le territoire plus résilient face aux inondations et porte de nombreuses actions dans le cadre du PAPI « Juine – Essonne – Ecole » (Programme d’Action de Prévention des Inondations), soutenu par le CD91 en lien avec le Siarce et les autres syndicats voisins. Aujourd’hui, le syndicat souhaite mettre en avant une action portée par deux communes de notre territoire, La Ferté-Alais et Buno-Bonnevaux, et soutenue par le Conseil Départemental de l’Essonne.

En 2024, les communes de La Ferté-Alais et Buno-Bonnevaux se sont lancées dans une démarche au profit de leurs administrés riverains de la rivière Essonne, en sollicitant le fonds de prévention des risques naturels majeurs (FPRNM)*, plus communément appelé « fonds Barnier ». L’objectif annoncé était de réduire la vulnérabilité des maisons aux inondations.

Ce processus a été décliné en deux étapes :

  • Proposer aux propriétaires concernés un « diagnostic de vulnérabilité » de leur logement face au danger « crues et inondations » entièrement gratuit et permettant de lister des « mesures prioritaires » de protection,
  • Faire faire des estimations de ces travaux/équipements « prioritaires » et les réaliser avec un subventionnement à hauteur de 80%. Ces travaux doivent rendre l’habitation plus résistante face à de tels événements. Les occupants y seront ainsi plus en sécurité et pourront, en cas d’inondation, retrouver un logement habitable beaucoup plus rapidement ; l’habitation sera moins endommagée et le reste à charge, après indemnisation de l’assureur, sera aussi moins important.

Tout au long de ces démarches, les deux mairies et le Conseil Départemental de l’Essonne jouent un rôle d’accompagnement majeur au plus près des particuliers, à chaque étape du processus jusqu’à validation définitive du dossier (notamment durant les démarches administratives).

Une première vague de 58 diagnostics

Chaque commune riveraine d’un cours d’eau peut, grâce au Plan de Prévention des Risques d’Inondation (PPRI), déterminer avec précision ces zones à risque d’inondation. Ainsi, sur les communes concernées plus d’une centaine de propriétés ont été ciblées et leurs propriétaires invités à bénéficier d’un « diagnostic de vulnérabilité » gratuit. 58 d’entre eux ont accepté cette première étape et ont obtenu un rapport précis faisant état de la « vulnérabilité » de l’habitation face aux crues et listant les travaux et équipements nécessaires afin d’atténuer les effets négatifs des inondations.

Une rencontre avec un particulier qui a réalisé la seconde étape « Travaux et équipements » subventionnés

En ce 14 avril ensoleillé, nous nous sommes rendus à La Ferté-Alais pour rencontrer un propriétaire serein et satisfait (à sa demande, nous conserverons son anonymat).

Il a répondu à nos questions :

Comment avez-vous eu connaissance de cette initiative ?

« J’ai tout simplement reçu un courrier de la Mairie. Celui-ci confirmait que ma propriété était en « zone inondable » et présentait ce nouveau dispositif. J’ai trouvé l’initiative intéressante… »

Qu’est qui vous a convaincu ?

« J’avoue que, récent propriétaire de cette maison en bord de rivière, j’avais déjà fait des recherches personnelles pour trouver des solutions pour me protéger d’éventuelles inondations. Les anciens propriétaires qui avaient vécu la crue de 2016 ont été très honnêtes. Donc, cette proposition d’accompagnement administratif, technique et financier était bienvenue. »

Comment s’est déroulée votre démarche, du diagnostic à l’exécution des travaux ?

« Pour le diagnostic gratuit, une intervenante spécialisée est venue à la maison. Nous avons fait le tour ensemble, regardé le sol de la maison, les ouvrants, les évacuations, la cote probable de l’inondation de 2016… Cela a duré environ 40 mn. Elle m’a expliqué qu’il y aurait des points « essentiels » qui seraient pris en charge dans les travaux, et d’autres « secondaires » qui ne le seraient pas.

La suite a été plus longue, plusieurs mois avant d’avoir le résultat du diagnostic, avec notamment une réunion en Mairie en début d’année 2025. Pour ma part, le rapport me proposait un « pré-chiffrage » avec, comme points « essentiels », l’acquisition de batardeaux pour protéger toutes mes ouvertures et le remplacement de mon sol en parquet par du carrelage. J’ai donc ensuite demandé des devis auprès d’entreprises. »

Qui vous a accompagné dans ces différentes démarches ?

« Je dois souligner l’accompagnement réel assuré par les agents du Conseil Départemental. Ils ont été à l’écoute et très présents dans ce long processus, parfois très technique et administratif. La Mairie et les services de la Préfecture répondaient par courriel à mes demandes. Mais j’avoue préférer parler à une personne en direct ce qui a été le cas avec le CD91. »

Combien ont coûté ces travaux et quelle subvention avez-vous obtenue ?

« Mon devis pour les batardeaux et leur compresseur s’élevait à 4500 €HT pour 5 éléments sur mesure, dont un grand pour le garage, avec un reste à charge de 900€ environ. Pour mon sol du rdc, le devis était plus important, environ 15 000€HT également subventionnés à 80%. L’acquisition des batardeaux et les travaux pour mon sol datent du début de cette année 2026. Il faut savoir qu’il faut avancer le paiement de la totalité des travaux et que la subvention arrive ensuite. »

Pouvez-vous nous décrire l’installation des batardeaux ?

« C’est très simple, on place le batardeau sur l’ouverture, puis on programme le gonflage sur le compresseur fourni. En quelques minutes, le batardeau est gonflé à forte pression : 1 BAR/15PSI. Le gonflage compresse avec force les mousses épaisses présentes sur les contours du batardeau contre les murs de la maison, rendant l’ouverture strictement étanche.

Conseilleriez-vous cette démarche à d’autres riverains de la rivière Essonne concernés par le risque inondation ? Êtes-vous rassuré désormais ?

« Sans aucun doute. Moi, j’ai fait de lourds travaux intérieurs, mais l’acquisition des seuls batardeaux est primordiale ; ils sont sur mesure, légers et s’installent en quelques minutes seulement. On ne se rend pas compte des dégâts d’une inondation dans une maison. Et je peux vous dire que mon épouse est réellement rassurée désormais. »

Et si je suis intéressé.e ?

Si vous êtes riverain.e de la rivière Essonne, et que vous êtes intéressé.e par ce dispositif, vous pouvez prendre contact avec votre Mairie. Celle-ci pourra se tourner vers les services du Département et/ou du Siarce afin d’intégrer un futur Programme d’Action de Prévention des Inondations (Papi) et ainsi accéder au financement FPRNM.

*Le « fond Barnier », c’est quoi ?

Créé en 1995, le fonds de prévention des risques naturels majeurs (FPRNM), plus communément appelé « fonds Barnier », permet de financer des mesures d’adaptation, de prévention ou de protection des personnes et des biens exposés aux risques naturels majeurs. Il s’agit d’un levier indispensable pour contribuer à l’adaptation des territoires au changement climatique.

Dans le cas qui nous intéresse aujourd’hui, les « diagnostics de vulnérabilité » sont subventionnés à 100% (FPRNM : 40 % / CD91 : 40 % / commune 20 %) et les travaux « prioritaires » peuvent être financés à hauteur de 80%.

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