En avril dernier, le Siarce a organisé deux demi-journées dédiées aux zones humides, à destination des élus du territoire. L’idée principale de ces deux rencontres était de dire que « mieux on connaît (ou reconnaît) un milieu et mieux on le protège ». Au travers de plusieurs ateliers pratiques, les agents de la Direction des Cours d’Eau et Milieux Aquatiques (DICEMA) ont montré toute la richesse de ces lieux de nature très particuliers et qu’il est nécessaire, à plus d’un titre, de protéger et de valoriser.
Qu’est-ce qu’une zone humide ?
Après un accueil convivial, la première question posée, à l’occasion de ces ateliers, est de définir ce qu’est une zone humide. Selon sa définition légale (Arrêté du 24 juin 2008 en application des articles L. 214-7-1 et R. 211-108 du code de l’environnement) précise qu’une une zone est considérée comme humide si elle présente les critères relatifs à la morphologie des sols liée à la présence temporaire ou constante d’eau d’origine naturelle et à la présence de plantes hygrophiles.
3 fonctions principales :
- La fonction hydrologique : Les milieux humides sont de véritables éponges qui absorbent l’eau lorsqu’elle est abondante (notamment en hiver ou lors des crues) et la restituent lorsqu’elle devient rare (en période d’étiage, par exemple). Jusqu’à 15 000 m3 d’eau par hectare peuvent ainsi être stockés par certains milieux.
- La fonction bio géochimique : Les milieux humides sont comme des reins, ce sont des filtres naturels contre les matières minérales ou organiques et les pollutions (métaux lourds, pesticides) qui sont emmagasinées, transformées et restituées à l’environnement.
- La fonction biologique : Les milieux humides sont des réservoirs de biodiversité qui assurent, à la flore et à la faune, de parfaits sites de refuge et de reproduction. En France, 30 % des espèces végétales remarquables, 50 % des oiseaux et 100 % des amphibiens dépendent de ces zones.
3 services rendus à l’homme :
Les milieux humides en bon état peuvent rendre plusieurs services dits écosystémiques :
- Le service d’approvisionnement : Les milieux humides peuvent fournir une large variété de produits. Ces produits peuvent être des matières premières (bois, roseaux, la tourbe…), mais aussi une ressource alimentaire et/ou agricole durable.
- Le service de régulation : Les milieux humides assurent des missions de régulation comme l’atténuation du dérèglement climatique (ils stockent 2 fois plus de carbone que toutes les forêts au monde), le maintien de la qualité de l’eau et la limitation des crues et des sécheresses.
- Le service socio-culturel : Les milieux humides sont des lieux d’activités culturelles et socio-éducatives. Ces zones sont particulièrement appréciées par des millions de « visiteurs », chaque année, dans le cadre du tourisme (balades, excursions…) et des loisirs (pêche, nautisme…).
Des ateliers pédagogiques et ludiques
Au cours des ateliers proposés, les élus présents sont amenés à mieux connaître :
- La nature des sols et des sous-sols de leur territoire (sableux, limoneux, argileux), et leur Potentiel Hydrogène (Ph) d’acide à alcalin,
- Les traces d’hydromorphie dans la terre (traces de rouille, décoloration grise et/ou blanchâtre).
- Les espèces de flore hygrophile (qui vivent dans l’eau, au moins une partie de l’année).
Un atelier « cartographie » permet de présenter les zones humides « probables » à l’échelle d’une intercommunalité et à travailler sur les différentes délimitations en fonction des organismes (Préfecture, Patrinat, DRIEAT, Siarce).
L’ensemble de ces ateliers a permis à chacun d’approfondir ses connaissances sur les milieux humides, au travers des expérimentations, des questions et des nombreux échanges entre élus, dirigeants administratifs et techniciens présents.
Quelques chiffres à l’échelle du territoire du Siarce
- 10 000 hectares de Z.H., soit 16% du territoire
- 20% de ces 10 000 ha. sont des terrains publics (soit 2000 ha.)
- 450 ha feront l’objet d’investigation sur site en 2025
Vers une cartographie des zones humides
L’objectif de ces deux demi-journées d’ateliers et d’échanges, couplées aux investigations à venir des agents du Siarce sur le terrain, doivent permettre de cartographier avec précision les zones humides à préserver de notre territoire. Et ainsi, mieux programmer les besoins et les futures interventions sur ces sites.