Le 17 janvier dernier, le Siarce (Syndicat intercommunal d’aménagement, de rivières et du cycle de l’eau) a participé au comptage mondial des oiseaux d’eau hivernants « Wetlands 2026 ». Ce recensement international mobilise un réseau de près de 150 000 bénévoles à travers le monde, qui dénombrent environ 1,5 milliards d’oiseaux dans plus de 50 000 zones humides référencées, réparties dans 180 pays. Cette opération offre une photographie à grande échelle de la répartition des populations d’oiseaux d’eau le long des différentes voies de migration.
Des enjeux majeurs
Lancé dès 1967, le programme de comptages standardisés de Wetlands International ne concernait à l’origine que le gibier d’eau, notamment les anatidés et la foulque macroule. Il s’est progressivement élargi à l’ensemble des espèces d’oiseaux d’eau.
Aujourd’hui, cette opération répond à un double enjeu de conservation, portant à la fois sur les espèces et sur leurs habitats, et favorise la mise en œuvre de plans internationaux d’action et de gestion.
- Objectif 1 « Protéger les espèces » : Grâce aux données collectées, il est possible d’estimer la taille des populations et d’en analyser les tendances. Les statuts de conservation sont ainsi établis en lien avec les menaces et pressions spécifiques qui s’exercent sur les espèces. Des plans internationaux d’action et de gestion sont alors mis en œuvre afin d’enrayer le déclin de certaines populations ou de cortèges d’espèces d’oiseaux d’eau.
- Objectif 2 « Préserver les zones humides » : Les comptages permettent également d’identifier les sites d’intérêt international pour la conservation des oiseaux d’eau, les sites critiques, ainsi que les zones importantes pour la conservation des oiseaux et de la biodiversité.
La mi-janvier, le bon moment !
À la mi-janvier, le cycle de vie des oiseaux se situe entre la fin de la migration postnuptiale et le début des premières remontées prénuptiales. La majorité des espèces présentes est alors relativement stable sur ses sites d’hivernage.
Les effectifs observés à ce moment précis correspondent généralement à un minimum annuel, la mortalité naturelle et les périodes de chasse ayant déjà produit leurs effets. Les comptages réalisés sont donc les plus représentatifs du nombre d’individus susceptibles de se reproduire les années suivantes.
En chiffres :
- 180 pays (répartis sur les grandes régions : Asie-Pacifique, Afrique-Eurasie, Caraïbes, Amérique centrale…)
- 150 000 compteurs bénévoles
- 50 000 zones humides référencées
- 1,5 milliards d’oiseaux d’eau dénombrés (depuis 1967)
Le Siarce acteur du comptage « Wetlands 2026 »
En Essonne, le suivi « Wetlands 2026 » a été coordonné par l’association NaturEssonne, chargée de répartir les sites entre les différents participants. Le Siarce avait ainsi la responsabilité du comptage sur cinq secteurs du territoire essonnien : l’amont de l’Île de Saussay, les étangs de Boigny, les Fouilles de Saintry-sur-Seine, les étangs d’Aubin à Itteville, ainsi que les marais d’Ormoy, représentant au total plus d’une vingtaine de plans d’eau. Deux agents de la DICEMA ont procédé aux observations durant une journée entière, jumelles et appareil photo en main, afin d’identifier et de recenser les espèces présentes sur ces différentes zones humides.

Au total, les agents du Siarce ont recensé 741 individus appartenant à 41 espèces. Parmi celles-ci figuraient notamment :
- 17 espèces d’oiseaux d’eau : l’Aigrette garzette, la Bernache du Canada, le Canard chipeau, le Canard colvert, le Canard souchet, le Chevalier culblanc, le Cygne tuberculé, la Foulque macroule, la Gallinule poule-d ‘eau, le Grand Cormoran, la Grande Aigrette, le Grèbe castagneux, le Grèbe huppé, le Héron cendré, la Mouette rieuse, la Sarcelle d’hiver, le Tadorne de Belon.
- 24 espèces d’oiseaux hivernants : Le Pigeon ramier, la Mésange à longue queue, le Merle noir, la Bergeronette des ruisseaux, la Sitelle torchepot, la Grive draine…


Cette opération étant menée sur les mêmes sites depuis 2024, un premier comparatif peut être établi. Concernant les oiseaux d’eau, on observe une augmentation du nombre d’espèces recensées ainsi qu’une hausse de 24 % des effectifs. Cette analyse gagnera en précision avec le temps et en tenant compte des sites environnants de la vallée de l’Essonne.
Pour les oiseaux hivernants, la diversité des espèces reste satisfaisante et les effectifs demeurent globalement stables.

Photos Alexis GEOFFROY / Mathieu GOUIRAND